Depuis 2018, Émilie Petitprez et Laura Rohart ont fait le pari du Lingot du Nord Label Rouge IGP. Un retour au bercail dans la ferme familiale de Merville (Nord).   

Des lingots très précieux

C’est mi-septembre, au plus fort de la récolte, qu’Emilie Petitprez et Laura Rohart mesurent « l’exigence de travailler un produit Label Rouge, qui plus est IGP. Précisément au moment du séchage en perroquets de nos Lingots du Nord. » Semées en mai, régulièrement binées au cours de l’été, histoire de dissuader les mauvaises herbes, ces précieuses  légumineuses originaires de la vallée de la Lys sont en effet délicatement fauchées pour ne pas altérer les gousses. Avant d’être déposées par poignées sur des portiques en bois propices à l’aération des grains. Pour les deux sœurs, leur histoire avec les lingots du Nord remonte à… hier. A 2018 pour être précis. Année charnière au cours de laquelle elles reprennent la ferme de leur père Hubert bientôt retraité.

 

Le Lin… go !

            Dix-sept producteurs pour cinquante-huit hectares(1). Un vase dans l’océan agricole national. Le Lingot du Nord est ce qu’on appelle un secteur de niche qui ne se contente pas de l’à peu près. « Avant de se lancer, on a longuement discuté pour ne pas avoir de regrets, se souvient Emilie. Bien sûr, on a grandi ici, dans cette ferme. Mais à part trier les pommes de terre et rentrer les vaches, nous n’étions que très peu investies. Notre première vie professionnelle était à mille lieux de la ferme. » Car c’est bien de changement de vie qu’il est question. « Emilie était responsable secteur au sein d’une association d’aide à domicile. Moi, chargée de recrutement pour une société d’intérim. On a fait le grand saut avec raison. On ne regrette rien », poursuit Laura. Après avoir obtenu leur BP REA(2), les sœurs se lancent dans la production de Lingots du Nord. Cinq hectares(3) d’un produit « noble, peu couru et aux multiples vertus. » Après seulement trois ans, le pli est pris. Parfaitement organisées, soigneuses et dynamiques, Emilie et Laura tiennent le cap. Et en entrevoient d’autres.

Sous le trésor, un trésor

            L’exploitation de la ferme s’étend sur une centaine d’hectares dont les deux-tiers sont dévolus aux cultures de blé, de maïs et de betterave. Dans la stratégie de développement menée par Emilie et Laura, les Lingots du Nord ne sont qu’un élément parmi d’autres. En 2019, elles ont étrenné leur première récolte de fèves. Une autre légumineuse peu répandue mais tellement bonne pour la santé qu’elles en oublieraient presque la masse de travail qu’elles impliquent. Mais là ne s’arrête pas la volonté des deux sœurs. La même année, elles décident de faire pousser des choux pommelés blancs et rouges. Avoir plusieurs cordes à leur arc permet « d’étaler les charges de travail, de rationnaliser les coûts et surtout de nous diversifier », admettent-elles. Dit autrement, de ne pas mettre tous leurs œufs dans le même panier. A ce propos, depuis l’automne dernier, la stabulation a subi quelques menus aménagements… 5000 poules bio y ont élu domicile. Et quasi autant d’œufs bio y sont récoltés journellement. Cocorico !   


(1) Chiffres Association des Lingots du Nord

(2) Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole

(3) La totalité de la récolte de Lingots du Nord est livrée chez Asseman-Desprez à Merville, société spécialisée dans le conditionnement et la commercialisation des légumes secs et fruits secs.


Ferme au bord de la Bourre, 22, rue Variscotte – 59 660 Merville. Tél. : 06 78 20 54 89

Texte : Joffrey Levalleux, extrait du magazine Parlons Saisons, N°20