Genièvres IGP, vins de champagne, cidres et eaux-de-vie bio : dans les Hauts-de-France, le « bien boire » prend de la bouteille

Genièvre IGP : la baie s’ouvre en grand   

Hyper rafraîchissant, le cadet des genièvres de Houlle se prêtre aux cocktails. Comme le soutient Lionel Persyn, directeur commercial de la plus ancienne distillerie de grains de France (1812), « être une entreprise bicentenaire ne veut pas dire rester figé. » Et l’audace paie. En février dernier, le Genever for Long Drink est élu meilleur genièvre du monde. Avant lui, avec ses notes de réglisse, d’anis et d’abricot, le Houlle XIV avait fait fureur auprès des amateurs de whisky irlandais. Autant dire que pour les fêtes, il n’y a pas d’heure pour le genièvre. Même constat à la distillerie de Wambrechies où l’on revendique haut et fort une… traditionnelle modernité. « A nous de surprendre, de diversifier la consommation », soutient Stéphane Bogaert. Repenser la forme – en innovant sur les packagings – et le fond aussi. « Pourquoi pas en créant un genièvre 100 % malt d’orge ? ».

Le raisin de la raison

Ils s’appellent Déhu, Lefevre, Bourgeois, Bedel et ont fait le pari du vin de champagne bio. Au Mont de Bonneil dans le sud de l’Aisne, Christophe Lefèvre a l’intime conviction que « respecter la nature tombe sous le sens et que le point fort du bio, c’est qu’on ne le contraint pas. » Pas d’intrant, pas de chimie. En contrepartie, il faut des nerfs d’acier pour « accepter une météo de plus en plus aléatoire », souligne Maxime Destombes, directeur d’exploitation pour les champagne Delhomme dont les petits quarante ares certifiés AB depuis 2019 servent de salle de TP aux élèves du lycée agro-viticole de Crézency. Dix kilomètres à l’ouest, Jérôme Lefèvre (champagne Delalot) fait labourer ses sols à cheval, traite ses vignes manuellement avec du soufre, du cuivre et parfois des huiles essentielles. Ses rares millésimes (5000 bouteilles) se retrouvent aux quatre coins du monde.

Des fruits bien défendus par Vauban

L’engouement pour son eau de vie à base de poire Williams bio a eu raison de son stock en quelques semaines. Lorsqu’il crée la distillerie des Enfants de Vauban, Christian Delobelle a un but : mettre en bouteilles les fruits (mûres, fraises, violettes…) et autres plantes bio de la région. On lui doit le premier gin bio des HDF composé de onze ingrédients parmi lesquels de la chicorée, de la betterave et une pointe d’Angélique. Clin d’œil à sa grand-mère Eliane qui en consommait comme du petit lait. Parmi les autres « enfants », citons le gin au safran de la baie de Somme ou encore la Brume de vauban (menthe). En provenance directe des Jardins de Blandine (Bondues), de la ferme Herreman (Méteren) ou des Vergers de Beaudignies (Avesnois), la matière première de ces élixirs rendrait immortel. Mais pour ça, il faut goûter…

Buvez les pommes

Sur les quelque 85 hectares de verger, un peu plus d’un tiers est destiné à devenir du cidre bio. Hubert et Fatima Corpet font partie des rares producteurs de cidre biologique de la région. Leur production tourne autour de 15 000 bouteilles par an. Du brut et du doux que les amateurs se procurent sur les marchés de ce beau Pays de Bray. Et bientôt à même la future boutique située dans l’exploitation. Quand elles ne sont pas transformées en cidre, les pommes bio se retrouvent dans de la gelée ou dans un succulent confit de cidre. D’ici peu, elles entreront dans la composition de l’Apéritif de Picardie verte. Un breuvage local qui accompagne à merveille le foie gras.


Distillerie Persyn : www.genievredehoulle.com
Distillerie de Wambrechies : https://distilleriedewambrechies.com
Vins de champagnes bio : www.champagne-bedel.fr ; www.bourgeois-diaz.com ; www.champagne-dehu.com ; http://champagnedelalot.com ; www.champagne-bio-lefevre.com ;  https://champagne-delhomme.fr
Distillerie des Enfants de Vauban : https://distillerie-vauban.com

Texte de Joffrey Levalleux, extrait du magazine « Parlons Saison » n°20